Pourquoi courir après les tendances semble désormais dépassé
Depuis aussi longtemps que je me souvienne, septembre représente la grande renaissance annuelle de la mode — une sorte de nouvel an sacré, où les nouvelles idées prennent forme et où les tendances les plus importantes émergent avant la fin de l’année.
Le célèbre numéro de septembre de Vogue est devenu l’incarnation physique de cette réalité : un magazine imposant, rempli de séries éditoriales et de certaines des campagnes publicitaires les plus convoitées de la mode imprimée.
Pendant plus d’années que je ne saurais les compter, j’ai religieusement consulté ce numéro, parcourant ses pages, analysant les images, cherchant les répétitions et les correspondances qui permettraient de confirmer les tendances dominantes du moment.
Cette année, pour la première fois, j’ai décidé de ne pas acheter le Vogue américain et de ne pas en disséquer les pages à la recherche des tendances qui définiraient la saison.
Depuis aussi longtemps que je me souvienne, septembre représente la grande renaissance annuelle de la mode — une sorte de nouvel an sacré, où les nouvelles idées prennent forme et où les tendances les plus importantes émergent avant la fin de l’année.
Le célèbre numéro de septembre de Vogue est devenu l’incarnation physique de cette réalité : un magazine imposant, rempli de séries éditoriales et de certaines des campagnes publicitaires les plus convoitées de la mode imprimée.
Pendant plus d’années que je ne saurais les compter, j’ai religieusement consulté ce numéro, parcourant ses pages, analysant les images, cherchant les répétitions et les correspondances qui permettraient de confirmer les tendances dominantes du moment.
Cette année, pour la première fois, j’ai décidé de ne pas acheter le Vogue américain et de ne pas en disséquer les pages à la recherche des tendances qui définiraient la saison.
Plusieurs facteurs ont influencé cette décision. Le premier : Anna Wintour, grande prêtresse de la mode depuis des décennies, n’est plus rédactrice en chef du Vogue américain. L’équipe éditoriale est maintenant dirigée par Chloe Malle et, bien que Wintour demeure impliquée chez Condé Nast, l’éditeur de Vogue, elle ne dirige plus le contenu éditorial quotidien du magazine américain.
Le deuxième facteur est beaucoup plus simple : je n’en ressens plus vraiment le besoin. Pratiquement toutes les images et toutes les tendances présentées dans le magazine sont maintenant accessibles en ligne. Nous vivons à une époque de surcharge d’information et, au fond, ce dont plusieurs d’entre nous ont réellement besoin, ce n’est pas de davantage d’information, mais de curation — quelqu’un capable de filtrer le bruit et de nous présenter ce qui est véritablement essentiel.
Ce qui a finalement enfoncé le dernier clou dans le cercueil de Vogue, pour moi, c’est la vitesse à laquelle les tendances évoluent aujourd’hui. On a à peine le temps d’en parler qu’elles approchent déjà de la fin de leur pertinence.
Ce qui nous amène à la question beaucoup plus complexe des tendances elles-mêmes.
Les tendances peuvent inspirer, provoquer et encourager l’expérimentation — mais elles sont également des instruments commerciaux. Un intérêt est identifié, amplifié, puis commercialisé jusqu’à ce que le désir devienne urgence et que l’urgence devienne consommation.
Le FOMO est entièrement fabriqué.
Réduit à sa plus simple équation économique :
Tendance égale dépense.
Prenons une tendance toute simple qui circule actuellement dans l’air du temps : la bouche couleur baie.
Chaque automne, elle réapparaît dans les prévisions beauté. Parfois mate, parfois diffuse, parfois précisément dessinée au crayon, parfois brillante — mais peu importe le fini, elle ne disparaît jamais vraiment du paysage beauté automnal.
Et il y a une bonne raison à cela. Les lèvres couleur baie — qu’elles soient légèrement teintées, intensément pigmentées ou réfléchissantes — sont magnifiques. Elles peuvent être superbes sur les peaux claires comme sur les carnations plus profondes, et particulièrement saisissantes sur les teints dorés et olive. La couleur peut être douce ou intense, tirer davantage vers le bourgogne ou vers le brun. Cette famille de teintes étant à la fois polyvalente et flatteuse, elle retrouve une immense popularité chaque automne.
Ce qui m’amène inévitablement à la question suivante : combien de produits pour les lèvres couleur baie avez-vous acheté au fil des automnes sous l’influence de cette tendance éternellement renouvelée?
Les tendances ne sont pas l’ennemi. Pour plusieurs d’entre nous, elles encouragent l’exploration, nous présentent des idées auxquelles nous n’aurions peut-être pas pensé et permettent à quelque chose de nouveau de trouver sa place dans notre garde-robe ou notre répertoire beauté.
Cette exploration peut être extrêmement utile dans le développement d’un style personnel. Elle élargit les possibilités de représentation et d’expression de soi et nous permet d’expérimenter avec la manière dont nous choisissons de nous présenter au monde.
Il existe toutefois une distinction importante : les tendances ne définissent pas le style personnel.
Le style personnel se construit et se cultive avec le temps, par essais et erreurs, en adoptant progressivement les possibilités visuelles qui nous ressemblent le plus. Une fois développé, un véritable style personnel peut survivre à n’importe quelle tendance. Il devient intemporel précisément parce qu’il nous appartient.
Une fois défini, votre style devient une sorte de filtre à travers lequel passent vos achats mode et beauté. Il vous permet d’observer les nouvelles tendances avec davantage de discernement et de n’intégrer que les idées qui ont réellement leur place dans votre propre langage visuel.
Développer ce style personnel exige deux choses : de l’introspection et du temps.
Il faut apprendre à se connaître et, peut-être plus important encore, comprendre ce que notre présence communique à notre sujet — tant sur le plan professionnel que personnel.
Comment les autres réagissent-ils à votre présence visuelle?
Il est important de préciser qu’avoir un style personnel ne signifie pas refuser le changement. Il s’agit plutôt de développer ses propres critères pour l’accepter. On peut tout à fait intégrer une nouvelle tendance à son style; la différence, c’est que cette tendance ne devrait jamais avoir le pouvoir de dicter notre identité.
Septembre demeure un moment merveilleux pour observer, expérimenter et découvrir ce que la mode et la beauté nous proposent pour la suite. Mais il existe une différence fondamentale entre suivre une tendance et l’adapter.
La véritable question est de savoir si vous laissez la tendance vous porter — ou si vous en absorbez quelque chose pour l’intégrer à un langage visuel qui vous appartient déjà.
Alors, cette saison, plutôt que de vous demander : Qu’est-ce que je suis censé porter?, posez-vous des questions plus intéressantes :
Comment ai-je envie d’être perçu? Qu’est-ce qui me ressemble vraiment?
Les tendances continueront de changer. Votre style personnel devrait pouvoir évoluer avec elles — mais il ne devrait jamais être dicté par elles.
Et à long terme, votre portefeuille pourrait bien vous en remercier.